Balade sous le signe de l’art à Tokamachi

Aala 26 novembre 2018 0
Balade sous le signe de l’art à Tokamachi

Dernièrement je suis retourné à Tokamachi pour y découvrir les différents arts qui font la réputation de cette ville à travers le monde. Balade, de quelques jours, ponctuée de superbes découvertes.

Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, vous devez certainement vous souvenir qu’en septembre 2016, lors de Cap 10.000 Japon, j’étais passé par les villes de Tokamachi et Tsunan, et que je vous en avais parlé comme étant les villes où il neige le plus au Japon. Eh bien, en ce mois de septembre 2018, deux ans plus tard, j’y suis retourné dans un autre cadre et j’y ai découvert des choses que je n’avais pas soupçonnées.

Vous pouvez visionner mes découvertes dans cette vidéo et aussi les retrouver dans mon récit ci-dessous :

Tokamachi – art city

🇯🇵 Nouvelle vidéo – Tokamachi, ville des arts 🇯🇵(Mettez le son et passez en 4K!) 🎥En quelques images, je vous propose de découvrir Tokamachi, dans la préfecture de Niigata. Ce n'est pas une ville touristique, comme le dirait si bien le maire de celle-ci, mais c'est une ville qui regorge d'arts et d'artisanats. Entre l'évènement Echigo Tsumari Art Triennale, les fabrications de kimono à la main et autres il y a de quoi faire.Pour la petite anecdote, la ville de Tokamachi est celle où il neige le plus au monde (en général plus de 3 mètres chaque année).👘 L’un des moments fort de ma découverte de cette ville c’était la visite d’une fabrique de kimono où j’ai pu voir toutes les étapes de production faites à la main. D’ailleurs, Tokamachi, avec Kyoto et Kanazawa, fait parti des trois villes les plus réputées pour la fabrication de kimono au Japon.

Publiée par Un Gaijin au Japon sur Lundi 1 octobre 2018

Premiers pas à Tokamachi

On est en septembre 2011. J’arrive à Tokamachi en soirée après une longue journée de marche d’environ 40 km, pendant mon tour du Japon à pied. Je m’installe dans ma chambre d’hôtel avant de rejoindre un Japonais rencontré à l’accueil quelques instants plus tôt pour savourer un diner ensemble. Ce Japonais n’est pas originaire de Tokamachi mais il y vit depuis plusieurs années et m’apprend beaucoup de choses sur la ville.

Durant cette soirée sur place j’apprends donc que Tokamachi est la deuxième ville où il neige le plus, la première étant la voisine Tsunan (qui fait partie de Tokamachi). D’ailleurs je me rends dans cette seconde le lendemain et je dormirais dans un Ryokan qui répond au doux nom de « pays des neiges ».

Ce que j’ai retenu de Tokamachi c’est donc qu’il s’agit d’une ville où il neige énormément et vu le calme qui régnait dans celle-ci pendant ma marche, j’avais comme l’impression qu’il ne s’y passait pas grand-chose d’autre. Et puis, vu qu’elle n’apparaissait dans aucun guide, aucun site, … ou presque, je n’ai pas pris le temps d’approfondir le sujet.

Tokamachi, deuxième fois …

C’est donc deux ans plus tard que je suis revenu à Tokamachi et là, j’ai été surpris d’y découvrir des choses que je ne soupçonnais pas, mais alors pas du tout, un peu comme si certaines choses étaient des secrets bien gardés. Enfin, je pense plutôt qu’étant donné que la ville est loin de la célèbre Golden Route (Tokyo – Mont Fuji – Kyoto – Nara – Osaka – Hiroshima), peu d’étrangers y prêtent attention et pourtant elle vaut plus que le coup d’œil et pas que pour les amoureux de la neige.

J’y suis allé pour découvrir la Triennale d’Echigo Tsumari, un événement d’art moderne qui prend place tous les trois ans depuis 2000 et qui met en place des œuvres d’artistes du monde entier en harmonie avec la nature et avec pour but ultime de dynamiser à nouveau cette région dont la population chute et vieillit. Je ne suis pas un grand fan d’art, disons-le clairement, mais pourtant j’ai apprécié découvrir certaines des œuvres exposées, notamment celle directement dans la nature qui donnaient des sensations fortes de communion, comme si les productions de la nature et celles de l’Homme ne faisaient qu’un.

Entre deux, trois découvertes et visites j’ai bien sûr pris le temps de savourer quelques spécialités locales dont notamment les célèbres Hegi Soba que j’adore. Leur goût est clairement différent du fait qu’elles sont fabriquées avec des algues. Et puis, la présentation est juste sublime, comme une œuvre d’art qu’on n’a pas envie de toucher avant de les prendre en photo.

Là où j’ai aussi appris pas mal de choses sur cette ville, ce fut dans le Tokamachi City Museum. Je ne pensais pas du tout que la ville était une des régions de l’ère Jomon et que des artefacts de cette période y furent retrouvés sur place et classés patrimoine culturel importants du Japon. La visite du musée fut vraiment intéressante pour apprendre sur cette période mais aussi sur la gestion de la neige tous les ans dans la ville, il en tombe tout de même environ trois mètres à chaque fois.

Un retour à Tokamachi ne pouvait pas ne pas s’agrémenter d’une balade relaxante dans la sublime forêt des jolies filles, la célèbre Bijin Bayashi. Une balade dans un cadre vert, avec des rayons de soleil timide qui pénétraient cet espace d’une beauté naturelle relaxante. Un bon endroit pour prendre un Shinrin Yoku, bain de forêt.

Tokamachi, ville du Kimono

Quand on pense au Kimono, de suite Kyoto se dégage dans notre esprit comme en étant la capitale, la ville idéale pour ce vêtement typiquement japonais. Jusqu’à mon retour à Tokamachi je ne savais pas qu’il y avait trois villes qui étaient reconnues pour leur fabrication de Kimono à la main : Kyoto, Kanazawa et Tokamachi ! Grande suprise pour moi et cette deuxième visite sur place m’a permis d’en apprendre un peu plus sur le sujet.

D’abord, je me suis rendu dans la boutique de Kimono vintage Chidoriya. J’ai pu en apprendre un peu plus sur les éléments qui composent un Kimono, en porter un de couleur marron et aussi en apprendre un peu plus sur la fabrication de Kimono à Tokamachi. D’ailleurs la visite suivante m’a donné encore plus d’informations sur ce processus.

C’est direction la fabrique d’Aoyagi Kimono où j’ai pu admirer en direct l’ensemble des processus de fabrication des Kimono japonais à la main : la teinture, le tissage, …. J’ai tout vu, observé, admiré et j’ai même pu m’essayer à la teinture d’un motif de Kimono avec pinceau et laissez-moi vous dire que c’est extrêmement difficile. Pas étonnant qu’il faille six mois en moyenne pour fabriquer un Kimono à la main en partant de zéro, pas étonnant non plus les prix auxquels peuvent être vendus certains Kimono (plusieurs dizaines de milliers d’euros).

Au final, cette deuxième visite de la ville Tokamachi fut instructive et m’a permis de découvrir cette citée sous un autre angle, que je ne soupçonnais pas et me rappelle que parfois il ne faut pas se figer sur sa première impression et redonner sa chance à certains endroits, mais en ayant un peu plus de connaissances sur ce qu’y s’y passe réellement, même si parfois les informations sont difficile d’accès. Et vous, vous aimeriez visiter Tokamachi et ses différents arts ?

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