Les contes de Terremer – Analyse

Nicolas 17 août 2016 0
Les contes de Terremer – Analyse

Les contes de Terremer est un film de Goro Miyazaki sorti en 2006 au Japon. Il nous emporte dans un univers où dragons et magie dépérissent pour une raison inconnue.

Synopsis

Arren, un jeune garçon déboussolé rencontre épervier, archimage du royaume. Ensemble, ils vont devoir faire face à la sorcière de Kumo et à une ombre inconnue. En chemin, ils rencontreront Teru, une jeune fille qui cache un fabuleux secret. Afin de triompher de la sorcière, les adolescents devront unir leurs forces, c’est le début d’un voyage inoubliable dans un univers mélangeant la magie, les dragons et l’humanité.

Les contes de Terremer : de multiples références

Les Contes de Terremer (ゲド戦記 – Gedo Senki ) est une adaptation du troisième tome d’une épopée d’Ursula le Guin, mais tout n’est pas similaire pour autant. Il est probable que plusieurs scènes de ce film soient un hommage à d’autres œuvres existantes.
Tout d’abord, on peut apercevoir plusieurs similitudes entre l’œuvre de Goro et celles de son père. En effet, plusieurs scènes font références à d’autres films de Hayao Miyazaki. Tout d’abord Arren et son animal ressemblent à Ashitaka de Princesse Mononoke et sa monture. Ensuite, nous pouvons apercevoir une espèce de boue noire à plusieurs reprises, lorsque la sorcière se transforme ou encore quand le héros dort. Cette fois, nous avons le choix de la référence, rappelez-vous les invocations de la Sorcière des landes du Château ambulant ou encore le Sans-Visage du Voyage de Chihiro. On peut également parler du style graphique similaire entre ce film et Nausicaa de la vallée des vents.
Mais les ressemblances ne s’arrêtent pas là, il rend aussi hommage à l’autre réalisateur du studio Ghibli, Isao Takahata lorsque Arren est attaqué par des loups. En effet, une scène quasi identique est présente dans Horus, prince du soleil.

Des personnages sans saveur

Les personnages, contrairement à ce que l’on nous propose d’habitude dans les films du studio Ghibli, ne sont que très peu attachants. Nous ne connaissons pas l’histoire des protagonistes ou on nous en parle brièvement au détour d’une scène secondaire et sans réel impact. Prenons le héros, nous ne l’avons jamais aperçu et dès le début du film il tue son père. Nous ne savons pas ce qui l’a poussé à le tuer, ni ce qu’il se passe dans son royaume et nous n’en aurons jamais connaissance. Tout est flou autour des personnages ! Arren nous est antipathique, Epervier est inexpressif et tellement entouré de mystères qu’il n’inspire pas de sympathie non plus. Le seul personnage ayant une histoire permettant de comprendre comment elle en est arrivée là est probablement la sorcière. A la recherche de la vie éternelle, elle utilisa des ressources interdites pour parvenir à son objectif. D’ailleurs, à travers ce personnage, le manichéisme est présent dans le film contrairement à Arrietty, le petit monde des chapardeurs par exemple.
Néanmoins, j’ai l’impression que pour les autres personnages, les personnalités sont difficiles à appréhender, ils cachent leur vraie nature. Par exemple, on apprend la vérité sur l’ombre d’Arren qu’à la fin du film ce qui nous permet de comprendre toutes les actions précédentes de « l’ancien » Arren et ses décisions. Ou bien encore Teru qui est considérée comme une simple jeune femme orpheline alors qu’en réalité il s’agit de la personne capable d’établir un lien entre les Hommes et les dragons. Une importante dualité est présente dans ce long métrage mais malheureusement, son explication est souvent mal amenée et plutôt bancale. Nous ne sommes pas emportés par l’histoire comme à l’accoutumée.

Des thèmes inhabituels

Beaucoup moins enchanteur que la majorité des autres films du studio Ghibli, les contes de Terremer abordent le thème de la mort sous un angle particulièrement lugubre. Ce n’est toutefois pas comparable au Tombeau des lucioles. Au début du film, on aperçoit Arren poignarder son père, cette scène n’est pas tirée de l’œuvre originale. On peut probablement établir un parallèle avec la relation père-fils qu’entretien Goro et Hayao, il s’agirait d’une petite mise au point au sein de la famille. Goro n’ayant pas apprécié de ne pas passer de temps avec son père pendant l’enfance, on peut supposer qu’avec cette scène, il le lui fait savoir. En extrapolant, il le met en garde, le fils va supplanter son géniteur en tant que réalisateur.
La mort et le mal-être sont présents tout au long du film. les dragons s’entre-tuent, Teru meurt, le magie s’amenuise et, de plus, les gens sont tellement désespérés qu’ils vont même jusqu’à se droguer pour oublier leur misère. Enfin, le film est dénué d’humour, aucun personnage ne permet de s’échapper un instant de cet univers étouffant par un sourire. Cette absence de rire est très rare pour un Ghibli, il y a d’habitude toujours au moins un personnage, ou au moins quelques scènes comiques permettant de varier les émotions. A l’inverse, tout le film est basé sur les regrets d’un jeune homme.
Finalement, fidèle à la famille Miyazaki, le thème de l’environnement est effleuré. Epervier nous dit que le monde repose sur l’équilibre entre les forces en interaction. Néanmoins cela reste beaucoup moins poussé que pour Pompoko par exemple.

Les Contes de Terremer est surement un des Ghibli que j’apprécie le moins. Je trouve l’histoire assez vide et mal présentée, elle ne m’emporte pas comme d’habitude. Goro Miyazaki a encore du chemin à faire pour me convaincre en tant que réalisateur. Mais vous, qu’en avez-vous pensé ?

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