Pourquoi ce qui marche au Japon ne fonctionnerait pas à l’étranger?

Aala 22 janvier 2015 20
Pourquoi ce qui marche au Japon ne fonctionnerait pas à l’étranger?

Très souvent, lorsque l’on découvre quelque chose d’unique au Japon, on se dit « ça serait bien que l’on ai ceci chez nous ». Mais le problème est que ce qui se fait au Japon n’est pas toujours transposable ailleurs. Voici donc pourquoi.

Combien parmi vous (et moi même, d’ailleurs) se disent régulièrement « Oh, j’adore ce concept, dommage qu’on n’ait pas ça chez nous »? Nous sommes nombreux dans ce cas, notamment lors d’un séjour au Japon, à tel point que de nombreuses choses du Japon nous manquent lorsque l’on rentre chez soit. Mais toutes ces « choses », ces services, ces produits, … sont-ils réellement transposables chez nous? Non, pas vraiment, et voici, en quelques raisons, pourquoi.

Les mentalités sont différentes

Voici l’élément primordial qui fait que les choses qui fonctionnent au Japon, ne fonctionneraient pas nécessairement à l’étranger. En effet, comme nous le savons déjà, et comme nous pouvons le remarquer au quotidien ici, les mentalités sont totalement différentes. Et le point de différence le plus important est celui concernant la « mentalité de groupe et le respect des autres » qu’ont les japonais, et qui contraste très fortement avec les autres pays, très souvent tournés vers l’individualisme.

En quoi ceci va-t-il jouer sur la capacité à transposer ce qui se fait au Japon ailleurs? Très simplement, sur le fait que ce qui se passe en sol nippon est impacté par les comportements des individus en société, plus soucieux des autres et de la communauté. Beaucoup d’entre nous apprécient énormément la propreté des lieux publics ou des transports en commun au Japon et aimeraient avoir ceci dans leur pays d’origine. Mais si ceci fonctionne au Japon, c’est tout simplement parce que le peuple japonais est éduqué, dès le plus jeune âge, à respecter l’espace commun pour permettre à chacun d’en profiter dans les meilleures conditions possibles. Chose qui n’est pas souvent le cas dans les autres pays du monde.

Ainsi, au Japon, les trains son propre en leur sein, ne sont pas tagués, et proposent ainsi un confort optimal, alors que si vous allez à Paris, New-York, ou n’importe quelle autre grande ville du monde, ce ne sera pas toujours le cas.

Les goûts ne sont pas les mêmes

Les Kit Kat japonais plaisent à un grand nombre d’entre nous, et beaucoup aimeraient les voir en vente dans leur pays d’origine et se demandent pourquoi ce n’est pas encore le cas. Pensez-vous que Nestlé soit assez « fou » pour ne pas voir un éventuel marché à développer en s’attaquant aux autres pays que le Japon avec ces produits uniques? Bien sûr que non. Si la marque suisse à décidée de ne pas développer ceci c’est qu’il n’existe pas réellement un marché porteur. Pourquoi? Parce que les goûts ne sont pas les mêmes, tout simplement.

Les japonais sont toujours friands de nouveautés, de choses exotiques, différentes, originales, décalées, … Alors que dans les autres pays, ce genre de produits, notamment alimentaires, ont du mal à exister, notamment en France où les individus sont plutôt conservateurs sur les saveurs qu’ils mangent. Ceci n’est pas applicable qu’aux barres chocolatées mais bien sûr à l’ensemble des produits alimentaires japonais, qu’il est difficile de transposer ailleurs, à quelques exceptions près bien sûr (comme les sushi, les ramen, ….).

Et puis, il ne faut pas se leurrer, mais l’espace de vente dans les commerces (la place dans les rayons) coûte extrêmement cher (référencement, promotions, mises en avant, …) et la concurrence est féroce, et de ce fait, une marque ne peut prendre le risque de commercialiser un ou des produit(s) dont le pourcentage de réussite serait trop faible.

Enfin, mêmes si les touristes voyageant au Japon ont tendances à aimer ce qui se fait sur place, cela ne veut pas dire que leurs semblables, dans leur pays d’origine, vont apprécier cela. Car les touristes ne sont pas nécessairement représentatifs de la population globale de leur pays. Par exemple, comme le montre les chiffre du tourisme au Japon, en 2014 seulement 178,600 français ont voyagé au Japon, ce qui est loin d’être représentatif de la population française. Alors, même si ces 178,600 voyageurs au Japon ont aimés des choses au pays du soleil levant, rien ne garantit que leurs semblables les aimeront eux aussi.

Les modes de consommations ne sont pas identiques

Les Konbini ouverts 24h/24 et présents de partout, les distributeurs automatiques couvrant l’ensemble du territoire japonais, les commerces et restaurants ouverts 24h/24, … Toutes ces petites choses qui facilitent le quotidien au Japon et qui plaisent énormément aux étrangers, mais aussi au japonais, ne sont pas nécessairement transposables à l’étranger pour diverses raisons.

Déjà d’un point de vue légal, il peut y avoir des restrictions. Par exemple, en France, avoir un commerce alimentaire ouvert 24h/24, 7 jours/7, 365 jours par an est de l’ordre de l’impossible en raison des lois en vigueur dans le pays.

Ensuite, ajouté à cela les faits de vandalismes qui peuvent avoir lieux dans bon nombre de pays et vous comprendrez pourquoi il est impossible d’avoir des distributeurs automatiques un peu de partout, vendant de tout et de n’importe quoi.

Enfin, et c’est le point le plus important, les modes de consommations ne sont pas, mais alors pas du tout les mêmes. Par exemple, en France, on aime à faire les courses de manière hebdomadaire, notamment le samedi, et en grosse quantité. Alors qu’au Japon, les courses se font quotidiennement sous forme d’achats d’appoints, et c’est en cela que les Konbini connaissent un vrai succès, quasi impossible ailleurs.

Les marchés et business ne sont pas construit à l’identique

En France, par exemple, on dit souvent « le client est roi ». C’est ce que l’on dit en face des clients. Mais je me souviens que dans le cadre de mon travail (directeur de supermarché) ou de mes études (en commerce), nombreux étaient les dirigeants à dire « le client est roi, et l’entreprise est Dieu », pour signifier que le client pouvait décider de ses achats mais que les services et produits étaient offerts par l’entreprise, qui influençaient donc les actes de consommations des clients sans qu’ils ne s’en rendent réellement compte.

Au Japon, le client est le « Kami-Sama () », à savoir le Dieu, et il est traité, dans la grande majorité des cas comme tel. Attention, je ne dis pas que l’entreprise ne cherche pas à influencer ses achats et autres actions de consommations, mais bien que dans le traitement donné aux clients, il est mis plus en importance que dans bon nombre de pays dans le monde.

D’ailleurs, au Japon, pour beaucoup, le modèle économique des entreprises n’est pas nécessairement basé sur le « cash tout de suite », en faisant des profits immédiatement au détriment de la vision à long terme, mais bien sur la pérennité de l’activité à long terme, quitte à générer moins de profits sur le court terme. Un exemple frappant est celui du service Takkyubin au Japon, lancé non pas avec l’idée de générer beaucoup de profits immédiatement, mais plutôt de proposer un service utile aux consommateurs dans l’espoir de le pérenniser et d’en sortir des profits annuels sur la durée. Et, laissez moi vous dire que ce service est un franc succès, et reflète bien la mentalité d’entreprise au Japon.

On ne s’inspire pas réellement des japonais, on s’en « moque »

Aucun pays n’est parfait, et aucun ne le sera jamais. Mais par contre, chaque pays à des forces et des faiblesses, et essayer de s’inspirer de ce qui se fait ailleurs peut-être une bonne idée, ou piste de travail, pour essayer d’améliorer ce que l’on fait chez soit. D’ailleurs, les japonais sont passés maître en la matière, et ont souvent été raillés pour ceci. En effet, les entreprises japonaises avaient souvent pour habitude de regarder ce qui se faisaient à l’étranger, de prendre en compte ceci, de s’inspirer, de « japoniser » et améliorer les choses et de les lancer sur leur marché. Et le pays est connu pour ces pratiques par toutes les personnes ayant étudiées un tant soit peu le management d’entreprise.

Et je pense que beaucoup de personnes ou d’entreprises voulant s’inspirer de ce qui se fait au Japon tend rapidement à se moquer des pratiques au pays du soleil levant, au lieu de s’en inspirer ou d’essayer de comprendre le pourquoi du comment. Et voici un excellent exemple de cette situation: dernièrement, des responsables de la SNCF se sont rendus au Japon afin d’y observer le système ferroviaire sur place, et analyser ses points forts pour s’en inspirer. Et puis, le journal Le Point a réalisé une interview d’un de ces responsables, qui met en avant les points forts des entreprises de trains au Japon. Et à la fin de l’article, une petite phrase qui dit  » Sans aller jusqu’aux gants blancs ! » dite sur le ton du sourire, démontre une attitude plutôt « moqueuse » au lieu d’une attitude d’analyse. Or, lorsque nous allons comparer, le but est de savoir ce qui se fait ailleurs et pourquoi cela marche, et non pas « rigoler » des comportements différents. Et je pense que c’est là que le bât blesse, puisque le Japon est souvent tourné en ridicule pour bon nombre de ses comportements différents. Et quand ce sont les dirigeants des entreprises ou d’États qui en arrivent à de tels comportements, vous pourrez comprendre qu’il est difficile d’appliquer ce qui fonctionne au Japon ailleurs.

Voici donc raisons qui font que ce qui fonctionne au Japon ne peut pas toujours être transposé ailleurs dans le monde. Il existe des différences qui sont telles que parfois ceci devient mission impossible. Et bien sûr, il doit exister bien d’autres raisons.

20 Comments »

  1. Malicyel 22 janvier 2015 at 16 h 03 min - Reply

    Ah les fameux Kit Kat japonais… c’est bizarre car une amie qui y avait été n’en avait pas vu tant que ça. Dans un exemple plus féminin, on retrouve aussi une grosse foule de produits Sailor Moon dont des cosmétiques Sailor Moon (NEEED) au Japon… en France, ça n’aurait pas le même succès je pense alors que je rêverais de pouvoir les acheter ici !

    • tunimaal 22 janvier 2015 at 16 h 21 min - Reply

      Oui, il y a tellement de produits que l’on pourrait mettre en avant de la sorte ^_^

  2. Laura HANTZ 23 janvier 2015 at 8 h 53 min - Reply

    Très bel article! Ah oui en France on est plus individualiste ce qui est dommage je trouve! C’est pour ça que j’aime la culture nippone!

    On peut aussi cité les cosmétiques qui ne sont pas les mêmes chez nous, mais que j’adore! Je les commande directement là-bas :)

    • tunimaal 26 janvier 2015 at 22 h 33 min - Reply

      Oui, on pourrait aussi citer les cosmétique, après ils sont peut-être adaptés aux peaux des japonaises et leurs habitudes.

  3. KaoruKagome 23 janvier 2015 at 15 h 10 min - Reply

    ralalala le Japon et toutes ces choses qui nous font envie !
    Je suis bien d’accord avec toi que tout n’est question que de culture et d’éducation !!
    Chez nous, il est impensable que les trains restent propres ou sans graffitis, tout comme les gants blancs ne seraient jamais accepter alors que cela apporte de la classe je trouve enfin bref passons…
    Pour ce qui est des kit kat, je pense que la marque pourrait faire un effort et proposer ceux plus « classique » comme chocolat blanc et fraise ou framboise, car toutes les marques déclinent leurs produits dans différents goûts, surtout les friandises aux chocolats, on trouve quasiment à chaque fois chocolat noir et chocolat au lait, donc kit kat après au moins 20 ans d’existence sur le sol français en chocolat au lait et rien d’autre, il serait temps qu’il nous propose un nouveau parfum et s’inspirer de ceux qui fonctionnent très bien au Japon (en oubliant ceux qui vont au four ou au thé matcha ou autre parfum trop « exotique » pour la France), prenons exemple sur les Mikados, depuis 2 ou 3 ans je sais pas trop mais on trouve enfin différentes sortes même si ce n’est pas transcendants, à quand les Pocky en France ? car là il y a du choix et en plus ils ont un packaging très sympa qui en ravira plus d’un sur le sol français et je pense que mettre un peu de gaieté sur nos bouteilles ou sur nos paquets de pâtes ou cosmétiques ne leur coûterait pas beaucoup plus cher que leur packaging habituel et sans vie, mais comme tu le dis, tout ceci n’est qu’une question de savoir vivre, d’éducation et de marketing qui ne fonctionnera pas ici avec tout les coincés et non ouvert d’esprit de consommateurs français…
    C’est bien dommage pour nous mais il faut l’admettre, le Japon est un pays fascinant, très sérieux côté travail mais qui mets des têtes de Naruto sur la boite de frites au mc do ou Sangoku sur des paquets de nouilles…. Eux ils savent comment égayer les journées des consommateurs 😉
    Je veux y aller !!!

    • tunimaal 26 janvier 2015 at 22 h 42 min - Reply

      En ce qui concerne Kit Kat, comme je le dis en commentaires de cet article: http://www.gaijinjapan.org/kitkat-au-japon-analyse-un-succes-sans-precedent/

      Il y à énormément de facteurs à prendre en compte pour les entreprises avant de lancer un produit dans un pays. Si Kitkat a lancé ces gammes de produits au Japon c’est parce qu’ils ont constatés qu’il y avait une demande pour cela. Et quand je dis une demande, c’est une demande forte, stable et rémunératrice. En effet plusieurs personnes aimeraient avoir ces produits en France, mais sont-ils suffisant pour que l’entreprise y fasse des profits? Parce qu’il ne faut pas oublier que le but premier d’une entreprise c’est de faire des profits. Si Nestlé à décidé de ne pas lancer ce genre de produits dans d’autres pays c’est très certainement parce que la demande existe mais qu’elle est beaucoup trop faible et surtout que le profit ne serait pas au rendez-vous. En plus, ces produits sont fait avec des saveurs typiquement japonaises, adaptées au palais des japonais. Pas sûr que la majorité des gens dans les autres pays aiment cela. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que ce qui marche dans un pays n’est pas sûr de marcher dans un autre pays, surtout si les cultures sont différentes. Le Japon est un pays à culture totalement unique et c’est pour cela qu’il a des produits totalement unique sur son marché intérieur. […] Enfin, dernier point, et pas des moindres, il y à un manque de place dans les magasins et une guerre comme pas possible pour s’implanter dans les rayon et y rester. J’ai été directeur de supermarché et je parle en connaissance de cause. Même si Nestlé voulait lancer ces produits en France, la marque se devrait de convaincre les enseignes de grandes distribution de les référencer et de leur donner de la place en rayon. Et laisse moi te dire que ce n’est pas si facile que cela, vu le manque de place et la prolifération des marques et nouveaux produits en tout genre. Donc, pour résumé, il y a énormément d’obstacles à surmonter pour pouvoir voir ces produits arrivés en France (convaincre les consommateurs, convaincre la marque et convaincre les distributeurs). La seule solution viable et rapide à mettre en place est une boutique spécialisée dans les produits japonais (magasin réel ou sur Internet) qui mettrait en vente ces produits.

      Pour information, Mikado et Pocky sont produits pas la même entreprise 😉 et si ils ne sont pas commercialisés en France à l’heure actuelle, c’est certainement pour les mêmes raisons que les Kit Kat japonais.

      Et jamais je n’ai dit que si les choses ne marcherait pas en France c’est à cause de « coincés et non ouvert d’esprit », il ne faut pas réinterpréter mes propos et leur faire dire ce qu’ils ne disent pas. Les goûts et les couleurs sont différents selon les gens et les pays, et ils ne se discutent pas, je dis simplement que les produits japonais auraient peu de chance de marcher en France car les goûts ne sont pas les mêmes, ce qui est tout à fait normal.

  4. Pauline 24 janvier 2015 at 13 h 20 min - Reply

    Moi qui vient de passer 2 semaines au Japon et qui rêvait d’importer les clubs de karaoké… 😉
    Plus sérieusement, très bon article !!

    • tunimaal 26 janvier 2015 at 22 h 43 min - Reply

      Haha ^_^ Merci.

  5. Alec 24 janvier 2015 at 21 h 02 min - Reply

    Très intéressant comme article! Je suis étudiant en relations internationales et bientôt en administration des affaires volet gestion et je suis 100% d’accord avec ce qui a été dit. Juste de penser à une compagnie qui cherche que le profit sur le très long terme c’est difficile à concevoir, mais je crois qu’il serait bien pour beaucoup de choses de s’inspirer du Japon et de faire un raisonnement ensuite une critique et non une critique en premier lieu comme beaucoup font. Ça me donne encore plus le goût de travailler au Japon… quelques années à tout le moins à la fin de mes études. Sinon par la faute de ce blogue que j’avais évité depuis me retour du Japon (Et bien oui, je ne voulais pas mettre le couteau dans la plaie) j’ai de nouveau le goût de repartir au Japon d’ici quelques mois. Enfin ce goût était omniprésent, mais en hibernation. Tout cela pour dire que je devrais partir pour le Japon pendant environ 2 mois cet été, mais bon ça commence à faire cher… l’université, le Japon 2 mois par année et pas travailler :p

    • tunimaal 26 janvier 2015 at 22 h 45 min - Reply

      Bon voyage au Japon alors 😉

  6. KaoruKagome 27 janvier 2015 at 12 h 55 min - Reply

    😉 Tu m’as mal comprise, je sais bien que c’est pas facile pour les entreprises d’avoir de la place en rayon ou de trouver suffisamment de consommateurs pour qu’ils y gagnent, je disais juste qu’ils pourraient enfin nous proposer un nouveau parfum en s’inspirant de ceux qui fonctionnent bien au Japon tout en restant assez simple pour nous.^^
    Pour les coincés et non ouverts d’esprit, ça vient de moi pas de toi, à aucun moment j’ai pensé que tu le suggérais ou autre et je disais ça surtout pour les packaging proposés au Japon qui sont souvent très sympa et amusants, pas pour les goûts car c’est évident que nos palais diffèrent énormément de ceux des japonais et de tout horizon.
    Mikado et Pocky c’est la même entreprise ? han ben c’est une bonne nouvelle comme ça peut être qu’on aura plus de chance de voir ce marché se développer chez nous un jour *-*
    En tout cas, sache que je ne critiquais ni les entreprises ni ton article ^^ bien au contraire, je l’ai trouvé très bien et je suis désolé si tu l’as mal pris. :)

    • tunimaal 27 janvier 2015 at 16 h 56 min - Reply

      Je t’ai compris, mais je voulais bien préciser certaines choses pour éviter tout ambiguïté.

  7. koba_999 1 février 2015 at 19 h 53 min - Reply

    Les toilettes au Japon il y en a partout, dans les konbinis, les boutiques, métro..en France il faut chercher ou rentrer dans un café, les toilettes japonaises c’est la classe :)

    • tunimaal 2 février 2015 at 6 h 06 min - Reply

      Il y a beaucoup de choses différentes entre chaque pays au final. 😀

  8. menand 21 février 2015 at 13 h 48 min - Reply

    en lisant tes articles, et surtout les derniers je me dit que tu as changé/ évolué ( attention, il n’ y la rien de péjoratif, nous changeons tous, et c’est tant mieux.

    je prend l’exemple de la sncf et des gants blancs. tu dis qu’il se moque… je te trouve un peu direct dans ta façon de penser, je dirais un peu japonais dans ta façon de penser. nouvellement arrivé au japon, je pense que ce n’étais qu’un trait d humour, par rapport au fait qu’en france cela ne serait pas possible et doc de l’ autodérision, mais cela ne remet pas en question, toutes les qualités du système japonais.. après on parle d’un dirigeant de la sncf … faut pas trop leur en demander non plus .. lol

    pour les kitkat, pareil, un kitkat a la pomme ou a la fraise, c’est pas un gout tel que wasabi etc … je ne dis pas que cela marcherais à coup sur, mais je pense qu’en faisant une série limité pour commancer ca marcherais bien, pleins d autres société de bonbon font pleins de nouveaux gout et sa marche du tonnerre, alors pourquoi pas kitkat …. sur ton analyse que ca marcherais pas, je penses que [nom de site caché], ne serait surement pas d’accord avec toi, vu comment il s’agrandi…. ( mes dires sont biensur à prendre au conditionnel, puisque je ne connais pas ses chiffres de vente)

    sinon, tes articles sont toujours autant recherchés et tu donnes un point de vue différent, tout en permettant aux personnes comme moi, simple mortel, de donner sa propre opinion

    • tunimaal 31 mai 2015 at 8 h 18 min - Reply

      Bonjour Menand,

      on évolue tous, tout le temps, c’est le propre de l’être humain 😉 Et non, je ne suis pas devenu japonais dans ma façon de pensée, j’ai simplement apportée d’autres façons de voir les choses d’analyser,… j’ai évolué, comme tout à chacun.

      En ce qui concerne le passage sur la SNCF, tel qu’il est présenté dans l’article on parle bien là d’une volonté de tourner les gants blancs à la dérision, ce qui est dommage je trouve.

      Pour ce qui est de KitKat tu me parles d’un site Internet faisant de la vente en ligne, alors que moi je parle de la vente en physique, en magasin. Il faut savoir que les magasins n’ont pas la même portée que les sites Internet. Un site Internet pourra satisfaire un client à Besançon, un autre à Arras, un autre à Nice, un autre à Poitiers, …. Le magasin en physique lui ne pourra satisfaire que sa clientèle proche, celle située dans ce que l’on appelle sa zone de chalandise, or il y a très peu de chance qu’il y ait beaucoup de zones de chalandises fortes pour les produits Kit Kat japonais en France. Il peut y avoir beaucoup de clients, mais tous dispersés, non pas réunis en des endroits tels que le commerce de ces produits serait viable pour les magasins. On ne peut donc pas comparer les ventes d’un site Internet avec les ventes d’un magasin. Et si Nestlé n’a pas lancé ces produits sur le marché français, ou même d’autres marchés dans le monde c’est qu’il y a une raison: ce n’est pas rentable. Ils ne sont pas bêtes, si il y avait un potentiel ils l’utiliseraient sans hésiter.

      Mais il y a d’autres facteurs aussi qui entre en jeu. Par exemple, il est bon de savoir que lorsqu’une marque veut faire référencer un nouveau produit dans les hyper et supermarchés, il lui faut payer un droit d’entrée. Ensuite elle devra payer un droit de présence en rayon, et des frais de promotions du produits …. Et la note devient vite très salé. Alors, quand on additionne le faible potentiel des zones de chalandise et les frais d’entrées en magasin, Kit Kat n’a pas de si grand potentiel que ça en France, surtout qu’il n’est pas garanti que les produits soient attractifs en termes de goûts pour le palet des français.

  9. Adrian 9 mars 2015 at 14 h 49 min - Reply

    Pour répondre à Ménant : en faisant un peu de sociologie et de sciences sociales en générales on s’aperçoit très vite de l’ethnocentrisme exacerbé dont fait encore preuve une majorité de pays occidentaux. A demi avoué ça se traduit souvent par l’idée que « nous on est dans le juste, d’ailleurs la planète suit notre modèle de vie » (sauf qu’en fait on l’a surtout imposé). Donc ce n’est pas simplement une blague, et les dirigeants de la sncf ne sont pas plus bêtes/intelligents que ceux des autres entreprises (tu dis juste ça parce qu’on en chie avec les trains, et qu’ils ont mauvaise réputation)

    A Aala : je trouve cet article intéressant, c’est toujours plus intéressant d’ailleurs quand on essaie d’aller un peu plus dans le fond des choses, mais j’ai une (longue) remarque car il y a un mythe que ma vie au Japon à complétement explosé.
    Les Japonais, et les non-Japonais d’ailleurs, crient haut et fort avec une grande fierté pour les uns et de l’admiration ou de la curiosité pour les autres, qu’au Japon les gens ont un esprit de groupe et sont beaucoup moins individualistes. Sur le dernier point, mon expérience m’a prouvé tout à fait le contraire, mais je dois m’expliquer : en effet en apparence on voit les japonais très investis et très réactifs aux dynamiques de groupes. On n’exprimera pas son opinion trop fort, on se pliera bien docilement aux choix du groupe pour ne pas faire trop de vagues ; ce qui est évidemment aux antipodes de ce que l’on peut vivre en France. Avec un peu d’observation on s’aperçoit vite que si les Japonais suivent ces règles de façon plutôt stricte ce n’est pas parce qu’ils aiment le groupe ou qu’ils veulent sincèrement s’y investir, mais c’est principalement parce que s’ils ne le font pas ils se retrouveraient exclus. Et il est facile de se retrouver marginalisé et seul au Japon. Et cela peut se traduire par une impossibilité de se marier, de trouver un emploi correcte…etc car les gens vont jugeront sur le fait que vous vous pliez au groupe et à la norme ou pas.
    A observer les étudiants, qui dés le collège, sont contraints de participer aux activités de clubs (samedi et dimanche compris ! Ce sont des japonais qui me l’ont appris), ils n’ont finalement plus un instant à accorder à eux mêmes. Et je me suis rendu compte que finalement les gens ici au Japon, en dehors du groupe, sont extrêmement nombrilistes ! (est-ce pour compenser ?).
    Aala, tu seras certainement d’accord avec moi pour dire qu’ici au Japon, si quelqu’un tombe raide dans la rue, ou a un problème, PERSONNE ne viendra l’aider (« ce ne sont pas nos affaires, on ne veut pas de problème alors on ne s’en mêle pas »). Si ça ce n’est pas de l’individualisme, qu’est ce que c’est ? Les gens qui sont en dehors du groupe d’interconnaissances, les inconnus, les japonais s’en foutent royalement. Nous en France, un inconnu s’il a un problème, en général on l’aide. Les japonais sont toujours choqués quand je leur dit qu’a Paris les gens aident spontanément les inconnus à porter les bagages ou les poussettes dans les escaliers du métro. C’est impensable au Japon ! Et ce comportement français, ça me paraît être tout l’opposé de l’individualisme !
    Tout ça pour conclure que l’on ne peut pas simplement dire que ne pas suivre les dynamiques de groupe comme on le fait au Japon est synonyme d’individualisme. Nos différentes cultures ont différentes façon d’être individualiste, et de concevoir le « vivre ensemble ». Les Japonais ne sont pas moins individualistes, ils sont juste éduqués à se plier au groupe.

    (j’ai d’autre arguments, notamment sur la soi-disante propreté des japonais, j’ai mainte fois pu connaître le contraire, mais mon commentaire est déjà trop long)

    • tunimaal 31 mai 2015 at 10 h 21 min - Reply

      Adrian je te rejoint pleinement dans ton analyse du comportement en groupe des japonais. Ils sont très à cheval dessus quand ils sont au sein du groupe, et une fois sorti c’est « la fête au village » et on se lâche avec un niveau d’individualisme poussé à l’extrême. Je l’ai constaté notamment dans les trains où les places handicapées sont squattés par des jeunes filles ou des salarymen qui ne laissent pas la place aux handicapés dans le besoin. Le japonais est comme ça, c’est clair.

  10. Izanami 26 mars 2015 at 12 h 34 min - Reply

    Excellent article !
    Je vis en Suisse et voyage régulièrement au Japon, pleurant à chaque retour au pays sur ces petits « plus » japonais absents de mon pays, alors que franchement, ils rendent souvent la vie bien plus agréable. Faisant mes courses plutôt au jour le jour, les combinis sont un must. Prenant le train chaque jour, je vois aussi beaucoup de différences. Que dire des distributeurs automatiques, des petits trucs tellement agréables pour le confort au quotidien…

    Ton article montre bien les problèmes qui se posent.

    Je tiens à souligner l’extrême lucidité de ton dernier paragraphe ; m’intéressant de plus en plus à respecter la culture japonaise dans son essence et pas juste ses clichés si souvent importés, je lis maintenant régulièrement des blogs de japonais expliquant en quoi la « fétichisation » du Japon pose problème, et pourquoi ils en ont marre. En effet, derrière l’admiration se profile très souvent de la moquerie bête et stupide.

    C’est fort dommage et j’espère qu’avec le temps, les occidentaux ne verront plus juste le Japon comme une culture « marrante et pratique » mais vraiment comme un pays peuplés d’êtres humains et non de curiosités ambulantes.

    • tunimaal 31 mai 2015 at 11 h 05 min - Reply

      Malheureusement je pense que ce n’est pas prêt d’arriver étant donné que les japonais sont différents et que pour beaucoup d’Occidentaux, l’Occident offre le meilleur choix de vie et tout ce qui est différent est soit mauvais soit sujet à rigolade….

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