Le conte de la princesse Kaguya

Nicolas 7 septembre 2016 2
Le conte de la princesse Kaguya

Le conte de la princesse Kaguya est un film d’animation de Isao Takahata de 2013 basé sur une légende populaire. Un univers enchanteur et des graphismes particuliers font la réputation de ce long métrage.

Synopsis

Un bébé est découvert à l’intérieur d’une tige de bambou luisante par Okina qui habite avec sa femme, Ona dans une modeste demeure. Cet enfant est une fille appelée « Princesse » par ces parents et « Pousse de bambou » par ces camarades. Sa croissance est fulgurante et son père décide de l’élever en ville car il pense qu’elle est amenée à avoir une destinée grandiose. Elle y apprendra l’art, les bonnes manières et les désillusions d’une vie aseptisée.

Le conte de la Princesse Kaguya : un classique japonais

Le conte de la Princesse Kaguya ( かぐや姫  Kaguya Hime ) provient d’une histoire très connu au Japon. Il s’agit du Conte du coupeur de bambou ( 竹取物Taketori monogatari ) qui est considéré comme le plus ancien texte narratif du Japon. Cette légende nous apprend également pourquoi le Mont Fuji est nommé comme cela. Selon l’histoire, l’empereur voulait envoyer un dernier message à la princesse Kaguya. Il envoya son armée gravir la montagne la plus haute afin de faire brûler une lettre qui parviendrait jusqu’à sa destinatrice. Une des traductions possible, selon wikipedia, serait que les kanji de « Fuji-san : 富士山 » signifieraient « montagne abondantes en guerriers », ce qui correspondrait aux hommes envoyés par l’empereur. Et le nom « Fuji » signifierait immortel. Rappelons néanmoins qu’il s’agit d’une histoire du folklore japonais et que ce n’est pas forcément la vérité !
Par ailleurs, Isao Takahata retranscrit parfaitement l’histoire originelle, il ne s’en éloigne guère tout au long de son œuvre.

Une mise en scène particulière

Nous l’avons vu avec l’excellent Mes voisins les Yamada, le style graphique des œuvres de Isao Takahata ne respectent pas forcément les standards de l’animation. A l’inverse de son collègue du Studio Ghibli, Hayao Miyazaki, il ne dessine pas les planches de ses œuvres, il peut donc se permettre de changer de style aisément. C’est le cas de ce film. Nous suivons l’histoire via des estampes qui s’enchainent pendant plus de deux heures. Ce style peut repousser au premier abord mais si vous parvenez à vous adapter aux images, vous découvrirez un film d’une beauté difficilement égalable. D’ailleurs une scène est encore plus marquante que les autres, il s’agit d’un chef d’oeuvre. Lors de la fuite de la jeune princesse, le réalisateur montre l’évolution de Kaguya à travers un paysage épuré mais magnifique, l’émotion dégagée par cette scène est intense. Pendant cette course effrénée, tout s’accélère, la musique, les images, on nous montre le côté obscur de la jeune fille, un côté sombre et mystérieux développé à cause des humains.

Un film centré sur un personnage

Un détail est fragrant tout au long de l’histoire : chaque personnage que l’on rencontre s’efface, de façon plus ou moins rapide, face à l’aura de la princesse Kaguya. Tout est fait pour que l’attention soit monopolisée par l’héroïne. Les humains qui la côtoient ne vivent qu’à travers elle. Le père, figure paternelle et autoritaire qui veut tout décider pour sa princesse devient esclave de son désir de voir celle-ci s’élever parmi les puissants. La mère quant à elle, reste plutôt intègre mais est beaucoup trop sous l’influence du père, ce qui la rend de plus en plus transparente également. Les prétendants sont absorbés par leur désir d’épouser la jeune femme. C’est d’ailleurs ce qui déclenche la scène obscure de Kaguya. Elle ne supporte plus d’être traité comme un objet, personne ne tient compte de ses sentiments à elle. Seul un personnage est peut être resté authentique, il s’agit du jeune Sutemaru qui arrive à évoluer dans la vie sans être obnubilé par Pousse de Bambou. Bien que captivé par sa beauté et son tempérament au départ, il réussira à fonder une famille en tirant un trait sur leur passé commun.
A la fin d’ailleurs, chacun se rend compte du caractère divin et inaccessible de la princesse au moment où celle-ci repart dans les cieux. L’Homme reste seul sur la planète, quitté par les dieux. On peut penser que les humains sont des créatures aux multiples défauts mais que les sentiments qu’ils éprouvent sont également leur force.

Le conte de la Princesse Kaguya est un film à voir absolument. La beauté artistique des esquisses et la musique enchanteresse nous place au cœur de la légende. Est-ce également votre point de vue ?

2 Comments »

  1. John Lemon 7 septembre 2016 at 13 h 30 min - Reply

    J’aime bien aussi le style graphique, on dirais que c’est comme si l’esquisse racontait l’histoire.

  2. Camille 15 septembre 2016 at 21 h 47 min - Reply

    J’ai vraiment adoré ce film… Pour moi il est désormais dans mon panthéon « animation japonaise ». Je crois même que c’est devenu mon préféré en fait… C’est dingue, au début ça me disait rien à cause des dessins, je pensais à tort que c’était trop enfantin, et au final plus le film avançait et plus je trouvais ça beau, vivant, poétique, magnifique.. Ces estampes vivantes, avec en plus souvent beaucoup d’humour, (il y’a plus d’une scène ou j’ai souri^^) j’ai trouvé ça hyper vivant en fait! c’est plein de vie, ça bouge, ça respire! Ce film c’est un condensé de tout ce que j’aime dans le japon traditionnel; la poésie des petites choses du quotidien et de la nature, la simplicité, la subtilité… Une véritable ode à l’enfance, à la beauté de la vie… ça m’a vraiment émue. Et cette fin…!! j’ai été complètement transportée.. Je ne savais pas quoi penser.. tellement triste et en même temps il y’a une forme de gaieté avec cette musique (inoubliable ce moment, ça m’a rappelé un peu la parade dans Pompoko. (décidement j’adore le folklore japonais c’est génial, quelle imagination!!) Cette fin m’a bouleversée. elle a vraiment quelque chose de spécial. Et cette scène de la fuite, quand elle « pète les plombs », au banquet, c’est juste grandiose… ça représente tellement bien son état d’esprit.. et cette musique!! (les musiques sont magnifiques, et du coup je connais « warabe uta » par coeur à force de la chanter^^ j’adore cette jolie petite comptine, les japonais sont doués pour ça..^^) Enfin bref, moi aussi j’ai adoré ce film, et une chose est sûre, il fera partie des « obligatoires » que je montrerai à mes enfants (pas avant un certain âge quand même je pense qu’un enfant trop jeune ne saisira pas toute la subtilité de l’oeuvre..) en tout cas Je bassine déjà tous mes amis qui aiment bien les anime avec ^^

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