Comment j’ai appris le japonais

Aala 18 avril 2017 0
Comment j’ai appris le japonais

Vous êtes nombreux à me demander comment j’ai appris le japonais et quelle a été la durée qu’il m’a fallu pour atteindre mon niveau actuel. Alors, j’ai décidé d’écrire cet article pour vous en dire un peu plus sur le sujet.

Vous voulez apprendre le japonais mais vous ne savez pas où commencer ni quelle est la durée requise pour ce genre d’apprentissage ? C’est souvent pour cela que beaucoup d’entre vous me demandez des retours d’expériences.

Les langues étrangères, pas mon fort

Avant de rentrer dans les détails et de vous expliquer comment j’ai appris le japonais, je pense qu’il est intéressant de dresser mon profil d’apprentissage en matière de langues étrangères. En général, lorsqu’il s’agit des études, j’ai toujours eu des facilités de compréhension et de mémorisation supérieures à la moyenne (ce n’est pas moi qui le dit). Mais, dès qu’il s’agit des langues étrangères, disons que ce n’est pas mon fort.

Du moins, pour être plus précis, selon la méthode d’enseignement en France, au niveau scolaire, ce n’est pas mon fort. Etre assis plusieurs heures durant à répéter des règles de grammaire et à apprendre par cœur du vocabulaire et des phrases types, sans jamais réellement pratiquer, n’a jamais fonctionné avec moi, au contraire. Je perds vite mon intérêt lorsque la méthode d’apprentissage est la suivante.

D’ailleurs, tout au long de ma scolarité je n’ai jamais été capable d’être bon en anglais ou de m’exprimer dans la langue de Shakespeare ! Par contre, une fois que je suis parti vivre en Australie et au Canada en PVT, mon anglais a progressé à une vitesse fulgurante ! Moi qui était incapable de structurer une phrase dans cette langue je me suis retrouvé à pouvoir la comprendre sans aucun problème, à pouvoir m’exprimer aisément en anglais et à parler de sujets divers et variés.

Comme vous pouvez le voir, je ne suis pas fait pour apprendre une langue de manière scolaire mais plus par la pratique quotidienne, sans nécessairement aller à l’école. J’ai des résultats plus importants de cette façon, du moins pour la langue anglaise.

Les spécificités de la langue japonaise

Apprendre l’anglais pour un francophone cela ne posera pas de « grandes » difficultés du fait que la grammaire, le vocabulaire et l’orthographe peuvent présenter certaines similitudes. Je dis bien « grandes » difficultés, parce qu’il y en aura, bien évidemment.

Par contre, lorsque l’on est francophone, se lancer dans l’apprentissage de la langue japonaise peut s’avérer être un véritable challenge tant les différences sont notables : vocabulaire, grammaire, « alphabets », prononciation, … tout est différent, il n’existe aucune similitude, rien à quoi se raccrocher pour avoir quelques bases.

Entre les Hiragana, les Katakana, les Kanji et même l’insertion des Romaji, parfois, il est facile de se retrouver perdu ne serait-ce qu’avec le système d’écritures japonais. Ajoutez à cela la grammaire opposée à la nôtre et le vocabulaire qui n’a plus rien à voir et vous comprendrez qu’on ne peut pas appréhender l’apprentissage du japonais de la même façon que l’on aborde l’apprentissage de l’anglais, par exemple.

J’ai appris le japonais au Japon

Je suis arrivé au pays du Soleil-Levant le 6 mai 2011 sans parler japonais, mais alors pas un seul mot. J’ai passé un an en PVT Japon sur place, essentiellement à Tokyo. J’ai réussi à travailler en tant que professeur de français et je me suis fait des amis japonais au sein de la communauté des Japonais parlant des langues étrangères (anglais, français, …). J’ai réussi à m’en sortir sans aucun problème pendant cette année. Mais, à la fin de mon WHV Japon, je me suis senti frustré. Frustré de passer à côté de tellement de choses au sein du pays Soleil-Levant.

A part savoir comment dire « bonjour », « au revoir », « merci », « bienvenue », « oui et non », « je t’aime », « bon appétit », …. à la fin de cette année je ne connaissais rien de la langue japonaise. Si, je connaissais les Hiragana et les Katakana. Pourquoi ? J’avais pris, en juin 2011, un mois de cours de japonais dans une école située à Akihabara mais je n’ai pas accroché sur la méthode d’apprentissage, trop soporifique !

J’avais en tête l’envie de partir faire un tour du Japon à pied (Cap 10.000 Japon) et je me suis dit que pour cela il serait plus intéressant de savoir parler le japonais. C’est pour cela que j’ai postulé pour un visa étudiant via Akamonkai, visa que j’ai obtenu à l’été 2012. En octobre de la même année et jusqu’en mars 2014 j’ai donc pris des cours de japonais tous les jours au sein de cette école.

3 heures de cours par jour, puis du travail à la maison à raison de 3 à 4 heures par jour pendant un an et demi m’ont permis d’avoir de bonnes bases de japonais. Mais des bases plus théoriques que pratiques. On apprend énormément de choses en école mais il y a peu de temps pour pratiquer, et comme vous l’avez lu au début de cet article, j’ai besoin de pratiquer. Passer par une école de japonais comme Akamonkai c’est très bien parce que ça permet d’avoir de bonnes bases, solides et fiables. Mais, en ce qui me concerne j’avais besoin de plus.

C’est pour cela que je me suis tourné vers Coto Academy pour quelques cours d’appoints. Au sein de cette école, un peu plus chère, les cours sont orientés vers la pratique avec des leçons en petits groupes (maximum six étudiants). Et là, j’ai pu mettre en pratique mes acquis appris au sein de Akamonkai. J’avais l’occasion de surtout construire ma confiance en moi-même, parce que c’est certainement la chose la plus importante pour pouvoir se lancer dans une langue étrangère !

En plus de cet apprentissage scolaire, afin d’habituer mon oreille, j’ai dévoré environ 700 épisodes de « One Piece » en japonais avec sous-titre en français. J’avais agi de la sorte lorsque je voulais progresser en anglais. J’avais regardé « How I met your mother » en anglais sous-titré en français, puis sous-titré en anglais, puis sans aucun sous-titre, au fur et à mesure de mes progrès. Il me tarde d’arriver à un même niveau de compréhension en japonais.

Mon niveau en langue japonaise

On me demande souvent quel est mon niveau en langue japonaise. Et pour vous répondre, je n’ai jamais passé le JLPT (le test officiel pour « mesurer » le niveau d’une personne en japonais), mais je situerais mon niveau entre le JLPT 3 et JLPT 2. Je suis une personne qui a besoin de beaucoup de pratiques pour pouvoir affiner mes compétences en langues étrangères.

Je suis capable de comprendre ce que l’on me dit lorsque l’on parle avec moi. Je suis capable de m’exprimer et de me faire comprendre aisément mais aussi de tenir des conversations sur des sujets divers et variés, sans aller dans des thématiques qui requièrent du vocabulaire trop spécifique (comme les sujets scientifiques par exemple). Je suis capable d’enregistrer des émissions de TV japonaises pour la NHK (première chaine de TV au Japon) le tout en japonais et sans aucune difficulté. Je suis capable de me faire hospitaliser pour une opération du genou et de comprendre lorsque le médecin anesthésiste m’explique la procédure qu’il va utiliser pour m’endormir. Je suis capable de faire des blagues en japonais et de faire rire mes amis…

Mon niveau de japonais est loin d’être parfait mais il progresse au quotidien, au contact de Japonais, notamment lors de Cap 10.000 Japon, et je sais que pour moi c’est la meilleure façon de procéder : apprendre en pratiquant. Malgré cela, je sais qu’à un moment ou à un autre, je reprendrais des cours de japonais dans une école, parce qu’apprendre par la pratique c’est bien, mais il faut parfois aussi mettre quelques règles de grammaire sur tout ce que l’on apprend afin d’être sûr de ne pas commettre d’erreur.

La langue japonaise n’est, en général, pas difficile à parler à l’oral, mais dès qu’il s’agit de la lire ou de l’écrire, elle demande un investissement fort. On ne peut pas maitriser les Kanji simplement d’un claquement de doigts, loin de là et c’est certainement là la partie la plus difficile de l’apprentissage, même pour moi.

En ce qui me concerne, avec ma femme (par habitude prise depuis le début de notre relation en 2012) nous parlons essentiellement en français (pour elle c’est l’occasion de continuer à pratiquer cette langue qu’elle maitrise parfaitement). Nous venons d’avoir un bébé et nous aimerions qu’il puisse parler naturellement ces deux langues (en ce qui me concerne je parle arabe et français depuis que je suis tout petit). Et je vais travailler mon apprentissage du japonais pour m’améliorer et ainsi pouvoir aider mon bébé dans son apprentissage scolaire par la suite.

Un conseil pour votre apprentissage

S’il est un élément important que j’aimerais vous donner c’est que l’apprentissage du japonais doit se faire à votre rythme. N’essayez pas de copier le rythme des autres parce que nous n’avons pas les mêmes facilités ou difficultés face à l’apprentissage. Ne stressez pas, apprenez à votre rythme et essayez plusieurs méthodologies jusqu’à ce que vous trouviez celle qui vous convient le mieux. J’ajouterais, qu’il est important, selon moi, que vous fassiez un mix entre la pratique en terrain et l’apprentissage théorique en école parce que les deux sont complémentaires et importants. Chacun de ces apprentissages à ses limites, mais les deux ensembles, ils vous offrent des possibilités bien supérieures. Vous pouvez aussi lire mon article « apprendre le japonais au Japon » pour trouver quelques pistes d’apprentissages au pays du Soleil-Levant.

Vous connaissez donc comment j’ai amorcé mon apprentissage du japonais depuis 2012 et mon niveau actuel. Et vous, comment avez-vous appris le japonais ? Partagez vos expériences dans les commentaires.

 

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